Le tartre des dents fossilisées, une source d’information sur le microbiote de nos ancêtres

2014-03-17-18_45_05-470918981-Visualizador-de-fotos-de-WindowsL’ADN des microbes conservés sur les dents fossilisées de nos ancêtres, notamment celui qui provient des bactéries calcifiées dans le tartre ou le calcul dentaire qui s’est accumulé sur la dentition de ces humains préhistoriques, contient de nombreuses informations sur le microbiote niché dans les intestins des individus qui peuplèrent la terre il y a des milliers d’années. Selon les chercheurs réunis pour le séminaire « ADN ancien : les trois premières décennies », tenu à la Royal Society de Londres en novembre 2013, grâce à cette trouvaille, les scientifiques pourraient découvrir les conséquences des changements d’alimentation pour notre santé, depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours.

« Notre évolution au cours des 7 500 dernières années a influencé les bactéries avec lesquelles nous cohabitons et ceci implique certaines conséquences pour notre santé », a affirmé le Pr Alan Cooper, chercheur du Centre d’ADN ancien de l’Université d’Adélaïde  en Australie, qui a récemment examiné le tartre de 34 hommes préhistoriques nord-européens, afin de découvrir en quoi consistait leur alimentation, et qui a dévoilé ses conclusions dans le magazine Nature Genetics.Le Dr Christina Warinner, anthropologue américaine de l’université d’Oklahoma et coauteur de l’étude, s’est proposée d’extraire des données sur le changement du microbiote au cours de la vie d’un individu en disséquant les fines couches de tartre de ses dents. Ce ne sera pas facile, car ces échantillons contiennent une grande quantité d’ADN. « Dans certains cas, la concentration d’ADN provenant de microbes du calcul dentaire est aussi élevée que celle d’un foie humain vivant », explique le Pr Warinner. De plus, lors de ces analyses, il faudra être extrêmement attentif à la contamination des échantillons. De ce fait, les chercheurs ont décidé d’examiner aussi l’intérieur de la dent, qui indique la composition microbienne du sol, de l’eau, etc., et de comparer cette composition avec celle du tartre. « Si la ressemblance est étroite, ce sera bon signe », a nuancé le Pr Warinner.

GMFH Editing Team